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L'hospice - La Maladrerie de Rebecque

La Maladrerie de Rebecque, par Luc Dacosse

Il n’est pas aisé de retrouver les traces dispersées se rapportant à la maladrerie ou léproserie de Rebecque. Aucune recherche n’a été entreprise jusqu’à présent sur ce sujet. Au cours de recherches sur l’ancien hôpital Notre-Dame de Rebecque, la question s’est posée de savoir si une ancienne léproserie n’avait pas laissé la place à l’ancien hôpital, comme cela s’est parfois produit à l’époque médiévale et dont il conviendrait de retrouver les traces archéologiques et les témoignages dispersés dans les documentations de la localité et la région de l’ouest du Brabant Wallon.

On peut se poser la question, vu la localisation relativement éloignée, au Moyen-âge, de ce que devait être le centre de la bourgade. D’autre part, certains hôpitaux n’auraient-ils pas pu être fondés en prenant le relai d’anciennes léproseries et ce, grâce aux transformations des dites léproseries ? Ainsi, l’hôpital de Rebecque n’aurait-il pas succédé à la léproserie de Rebecq ?

Maladrerie

A gauche: Lépreux sonnant sa cloche pour avertir les passants. (Manuscrit latin du XIVe siècle)
A droite: Guérison d’un lépreux au Moyen-âge (Enluminure du XVème siècle)

J. Tarlier et A. Wauters affirment laconiquement et sans références « que plusieurs documents attestent qu’il a existé à Rebecq, au Moyen-âge, une maladrerie1 ». S’il y eut peut-être une maladrerie à Petit-Roeulx (lez Braine-le-Comte2) et à Hennuyères, près de Ferefault, « tenant au chemin de la dicte maladrerie à Rebecque 3 » , tous deux villages voisins de Rebecq et relevant du duché de Brabant, il y a eu également une léproserie à Rebecq. Les documents qui suivent et qui couvrent les périodes du Moyen-âge et du XIXème siècle l’attestent clairement.

La plus ancienne mention de cette léproserie de Rebecq remonte à l’année 1336. Dans un chirographe appartenant à l’hôpital et daté de mars 1336, n. st., messire Jehan Spaidericke, chapelain de Sainte Catherine d’Offembais rappelle une donation assurée sur le bien « ale maladrerie » et de préciser « tenant ale rue ki de part le maladrerie4 ». La léproserie de Rebecq est située près de ou le long d’une « rue ». Où était située cette « rue » ? Le cartulaire des cens et des rentes du Chapitre de l’église Sainte-Gertrude de Nivelles pour la paroisse de Rebecq nous livre des précisions quant à la disposition de cet établissement. En 1496, il est parlé pour Puhain, hameau de Rebecq, du « camps dele malladrye et de préciser « tenant au chemin qui maisne du Rieu Flaio à Puhain 6 ».

Maladrerie

Emplacement de la maladrerie de Rebecq au XVIème siècle (Archives du Rewisbique - Atlas des Chemins-Rebecq-Rognon - Plan n° 10)

Le « c(h)amps de la maladrerie » et la léproserie semblent géographiquement confondus. Connaissant la situation de ce bien de l’hôpital, ces coordonnées ne permettent plus de doutes quant à la situation de la maladrerie de Rebecq. Elle est située à front de chemin, au croisement des routes de Puhain et du Gobart, au bas de l’actuelle rue Trieu du Bois. L’ancienne ladrerie pouvait occuper les parcelles cadastrée numéros 173 à 177 de la section C. Cette situation, entre Puhain et Rebecq, sur les hauteurs, est confirmée par des documents postérieurs, du 16ème au 19ème siècle. En 1558, Wautier Solvaix (Selvaix ?) assure une rente sur la maison et jardin « tenant au chemin allant delle maladrye au Buissot et au bois de Neppe7», lieux bien connus, au-delà du Gobart, sur la commune actuelle de Quenast.Le chassereau des biens appartenant à la cure de Rebecq, renouvellé en l’an 1612 par Maître Jacques Francq, « prebstre curé propriétaire de Rebecque » parle de la « c(o)ulture de la maladrerie tenant au chemin qui menne au bois de Neppes8 ». Aux 16 et 19 siecles, la léproserie ayant disparu, il subsiste le lieu-dit « la maladrerie tenant au chemin allant de Rebecque à la Geneste à celui qui mene au Ghobart9», « le champs de la maladrerie… tenant… au chemin de deux costez nommé vulgairement la Roquette10».

Dès le 15ème siècle, la léproserie de Terbank, près de Louvain, prétend avoir un droit d’examen sur tous les lépreux du Brabant, ou supposés tels11. C’est ainsi que les livres de cette institution nous ont conservé le nom de rebecquois ayant été soumis à l’examen. A la fin de ce 15ème siècle, Jehan Scaechs et Jehan de la Rivière, échevins de Rebecq présentent un certain Gobert qui est déclaré exempt de peste : « is hier gevisitiert heere Gober tende niet besmet van lazarien 12 ». Il s’agit peut-être de « Gobart », des erreurs d’audition et de traduction ayant été commises par ailleurs par les religieuses de Terbank. Ainsi « Jan Stas » et « Jan van der Ryvieren » au lieu de Jean Saechs et de Jean de la Rivière13. Ce nom de Gobart, qui a peut-être donné son nom au lieu-dit apparaît au 17ème siècle dans les premiers registres paroissiaux des baptêmes (5 août 1629, 17 août 1643) et des mariages (23 juillet 1629, 16mai 1631 et 7 novembre 1645).

Le 9 novembre 1571, Jacques le Moytuer, né à Rebecq se présente en compagnie des échevins Etienne Dubois et Jehan des Hayettes « schepenen van Robeecke 14». Le 8 avril 1576, se présente Jehan Moesuy, n é à Rebecq. Celui-ci est déclaré en bonne santé : « in gesontdhaijt geset 15».

Maladrerie

Illustration du XVe siècle montrant des lépreux ne pouvant entrer dans une localité. ( http://enlorraine.unblog.fr)

Sur la lèpre, les léproseries et les lépreux en Belgique, voir ‘La lèpre dans les Pays-Bas (XIIème - XVIIIème siècles), Bruxelles, Archives Générales du Royaume, service éducatif, Dossier 6, 1989.

Notes :

1. Tarlier & Wauters, p.173.
2. AGR,NGBt, 3486, 18 juin 1754, tenant à la rue Baudet, aux bien du Chapitre de Nivelles, au chemin allant vers la Croix Barree et à l’héritage de Jean-Baptiste Danniau.
3. AEN, J. de R., 927, 7 avril 1588.
4. AGR, GSN, 7043, n° 56, mars 1336 n.st.
5. AGR, AEN, 1796, Chest le cartulaire et original des cens, rentes et revenues appartenant au venerable chapittre de l’eglise madamme sainte Gertrude de Nivelle gisant en la/et paroche de Rebecque, 1496, Puhain, f° 19 r°.
6. Ibidem, 1797, 1517, Rebecq et le Behaulx, f° 11 v°.
7. AGR, GSN, 7043, n° 135, 4 avril 1558, n.st.
8. AAM, PR, 1612.
9. ARAR, IV, 1 1654.
10. AGR, NGBt, 3475, 21 mars 1713, 5 février 1716; GSN, 1698, 18 décembre 1732, 16 mars 1790; AAE, R, M 69 1, f° 84 r°, 2 janvier 1749; AGR, AEN, 3827, Georges Bartholomé, 3 mars 1757 ; GSN, 1729, 16 mars 1790 ; Le champs de la maladrerie, AGR,NGBt, 21798, 7 vendémiaire an XI – 29 novembre 1802 ; Le champs de la maladrerie, AGR, NGBt, 21810, 10 juin 1814.
11. A. Huyttebrouck, Inventaire de la léproserie de Terbank, Bruxelles, AGR, 1963, p.III.
12. AGR, AE, 14558, Dit es t’boeck vanden staten vander lazarijen ter proeven hoere

NDLR: Cet article a été publié dans la revue du Rewisbique n° 27 de juin 2009, p. 35 à 38

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