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Les carrières de Quenast, vers 1840(Archives du Rewisbique)
Histoire des carrières
S'il existe une entreprise ayant identifié le village dans lequel elle se situe à son histoire et son essor, c'est bien la "Société des Carrières de Porphyre de Quenast". Exploitées depuis plus de quatre cents ans, ces carrières furent le centre de la vie sociale et industrielle du village de Quenast et l'impact de la S.C.P.Q. auprès des villages environnants fut indéniable
On trouve des traces écrites de l'existence de carrières à Quenast dès le 16ème siècle. A cette époque et jusqu'à la moitié du 19ème, le site était composé de petites carrières exploitées par des petits propriétaires. La production était alors médiocre et le transport de pavés, souvent mal taillés, ne se faisait qu'en charroi tiré par des chevaux ou des boeufs, ce qui rendait les délais de livraison fort longs.
L'arrivée au 19ème siècle de "Maître carriers" produisit un changement important sur l'avenir des carrières de la région. Joseph Zaman, Bruxellois d'origine, racheta les plus belles carrières à leurs petits propriétaires et s'employa à les développer.
Grâce à sa vision d'avenir et à l'intérêt qu'il portait aux inventions nouvelles en matière de technique industrielle, il s'ingénia à moderniser les méthodes d'extraction, de taille et de façonnage des pavés et de transport de ceux-ci. Il n'hésita pas à faire venir une voie ferrée jusqu'aux carrières. La production pouvait alors être livrée partout, par train ou par bateau.
C'est alors que la production commença à devenir importante. Les grands chantiers mis en oeuvre à cette époque, le développement des voies de communication (routes, chemin de fer, canaux) demandèrent de plus en plus du matériau extrait à Quenast qui s'est avéré au cours du temps le plus fiable dans le secteur de la construction et des voies de communication.
En 1851, la "Société Zaman et Cie" fut créée. Si avant, auparavant, on dénombrait 12 petites carrières à Quenast et 3 à Rebecq, à ce moment-là, il n'en subsistait que 7, les autres ayant soit été abandonnées, ou n'étant plus exploitées qu'épisodiquement.
Pour éviter la concurence avec les carrières voisines de la sienne, M. Zaman fonda la "Sociétéé Anonyme des Carrières de Porphyre de Quenast" dont il devint naturellement l'Administrateur-gérant jusqu'en 1869.
Son successeur, Adolphe Urban dirigea la S.A.C.P.Q. jusqu'en 1908, année de son décès. Homme intransigeant mais doté d'un grand sens commercial et d'une vision d'avenir exceptionnelle, il fit accroître la renommée de l'entreprise bien au delà des frontières.
La production des carrières se vendit dans tous les pays d'Europe, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, aux Indes, jusque même en Australie! Il transforma les procédés d'extraction et d'exploitation en introduisant le forage par air comprimé, la traction des wagonnets par chaînes flottantes et le concassage mécanique des pierres brutes, ce qui annonçait déjà l'actuel système en vigueur aux Carrières.
Léon Jacques fut le dernier grand "Patron" de la S.A.C.P.Q. Entré en 1933 comme directeur adjoint à la production, il en devint le Directeur Général en 1956. Il occupa ce poste jusqu'au moment de sa retraite, en 1986.
Le porphyre ou diorite quartzfère est une roche magmatique. Celui extrait à Quenast a certaines particularités, dont sa dureté. Vieille de 430 millions d'années, la roche se trouve dans un gisement de forme éllyptique d'environ 1,6 km et d'une profondeur estimée à 1000 mètres.
D'une densité de 2,7, sa résistance à la compression est de 3500 kg/centimètre-cube.
De porosité nulle, elle prend très difficilement le poli.
La dureté et l'abrasivité exeptionnelle du porphyre de Quenast a déterminé son utilisation pour la construction d'ouvrages nécessitant l'emploi de matériau fiable dans le temps.
L'ABATTAGE consistait à détacher les blocs de pierre de la masse sans les pulvériser. Cela se faisait au moyen de poudre noire. Ensuite, l'ouvrier traçait sur la surface supérieure du bloc une fente qui allait donner une tranche de pierre. On appelait cela le ROMPAGE.
La REFENTE consistait à diviser la tranche obtenue en morceaux de pierre destinés à devenir des pavés. Suivait l'EPINÇAGE, opération tendant à éliminer les aspérités du petit bloc de pierre afin de le rendre le plus net possible. La RETAILLE, travail effectué par des ouvriers que l'on nommait "repasseurs" consistait à obtenir des arrêtes parfaites et à donner une uniformité plus grande aux pavés destinés au pavage des grandes artères.
Le client avait le choix entre plusieurs dimensions de pavés. En outre, les Carrières produisaient aussi des "mosaïques", pavés plus petits, servant surtout au pavage décoratif. Les pierres de formes inégales, ou trop petites étaient vendues comme moellons ou matériau d'empierrement.
En 1896, l'entreprise quenastoise occupait 2500 salariés. Ce chiffre s'éleva à 3500 en 1906. A cette époque, Quenast était la plus grande carrière de pavés au monde. A cette époque, il était produit 300.000 tonnes de pavés qui étaient vendu partout dans le monde. Les 600.000 tonnes de déchets étaient écoulées comme moellons et gros concassé.
A l'heure actuelle, la carrière de Quenast produit 2.800.000 tonnes de concassé par an, ainsi que des moellons allant de 2 à 300 kg, et même jusqu'à 6 tonnes. Le personnel occupé dans l'entreprise se chiffre à 100 personnes. C'est dire que la mécanisation a pris une place prépondérante dans l'exploitation du porphyre. L'usage de pavés a disparu et ce sont des produits concassés qui sortent maintenant des carrières quenastoises.
Ce matériau est utilisé pour les revêtements en béton de ciment, les enrobés drainants, les pistes d'aéroports, les empierrements et fondations spécifiques, le ballastage des voies ferrées, la construction de ports, de canaux, de tunnels, etc. Le porphyre de Quenast est aussi utilisé pour les ouvrages craignant la corrosion et l'usure due à l'eau (stations d'épuration, tunnels sous-marins, etc).
* Le contenu de cette page a été tiré de l'ouvrage de Claude Pire: "Les Carrières de Quenast" 1996-1997.

Les carrières en 1870 (Archives du Rewisbique)

Les ouvriers carriers à l'extraction vers 1870 (Archives du Rewisbique)

Les carrières en 1903 (Archives du Rewisbique)

Les ouvriers carriers en 1903 (Archives du Rewisbique)

Les pavés de Quenast (Photo W. Burie)

Les Carrières de Quenast (Archives du Rewisbique)
Les Maîtres Carriers de Quenast: Joseph Zaman - Adolphe Urban - Léon Jacques

Les épinceurs au travail (Archives du Rewisbique)

Tir de mine aux Carrières de Quenast (Archives du Rewisbique)
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